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FRIENDS / Sarah Willemart

Portrait Sarah Willemart

Secondnatur : Bonjour Sarah, pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel ?
Sarah Willemart : Je suis fille de fleuriste : j’étais déjà curieuse du métier et je l’ai appris avant même de le devenir. J’ai d’abord fait un bac STAE basé sur l’agronomie, pour avoir la possibilité de changer d’orientation ou de métier plus tard. Il s’est avéré que c’était directement en lien avec le métier de la fleur. Puis j’ai continué sur un CAP avec 2 ans de brevet professionnel. J’ai alors été recrutée et formée aux murs végétaux et à l’art de la fleur, c’est comme ça que je suis devenue formatrice. Par la suite, j’ai été sélectionnée pour le Meilleur Ouvrier de France où je suis arrivée jusqu’en quart de finale.
Je suis maintenant formatrice chez Piverdie France depuis 3 ans, mais je travaille en parallèle dans mon atelier (fermé au public) sur Paris.
Je ne voulais pas être à la tête d’un magasin car cela implique des contraintes comme tenir les horaires du magasin… Mais je donne régulièrement un coup de main dans la boutique familiale en période d’affluence.
Je vais également œuvrer sur la comédie musicale sur glace Naturya : Le Spectacle Musical Floral.

S.N. : Pouvez-vous nous parler de votre livre ? Comment vous en est venue l’idée ? Pourquoi associer fleurs et tatouages ?
S.W. : Le tatouage se travaille comme le style d’une salle. C’est une logique d’accord : si la salle a un style baroque, le thème sera baroque.
Chaque thématique est composée de 7 à 12 photos : Inked & Blossom un livre d’art. Il y a peu d’écrit mais il y a quelques astuces techniques, des citations et des inspirations en accord avec chaque thématique.
Je suis une mordue de la fleur, je me suis lancée uniquement par passion. J’ai eu l’idée de fusionner fleurs et tatouages il y a 2 ans. J’ai découvert les tatouages et je m’en suis fait faire un, puis deux…et fait évoluer l’un d’eux. Les designers et formateurs sont à l’affût de toutes les tendances afin de les exploiter. J’ai voulu fusionner l’art floral et le tatouage car c’est justement une tendance souvent mal exploitée, ils sont pourtant précurseur de la mode. En 1 an tout à été fait, il a fallu 23 shootings photo pour 16 thèmes. Nous avons eu un contretemps avec le maquillage sur un thème, mais grâce au bouche à oreille, ce sont les élèves d’une école de maquillage qui s’en sont chargé.

S.N. : Quelles sont vos sources d’inspiration ? Vos motivations ?
S.W. : Je ne fais pas de recherche particulière, le tatouage est déjà sur le corps de la personne. Cela peut néanmoins coincer. Soit j’ai un coup de cœur sur un tatouage précis d’un modèle qui m’inspire, que je vais garder sous le coude. Soit je vais moi même aller à la rencontre de tatoueurs pour trouver des styles de tatouages bien précis, et dans ce cas, c’est le tatoueur qui va rechercher auprès de ses clients pour moi.
Je veux créer des choses différentes, quelque chose que personne n’a encore fait. Je veux partager ma passion et mon savoir-faire au travers de créations uniques.

S.N. : Pourquoi travailler avec des fleurs stabilisées ?
S.W. : J’ai découvert les végétaux stabilisés il y a 2 ans. Si je n’avais pas découvert SecondFlor je n’aurais jamais travaillé le stabilisé. Je n’avais pas conscience qu’il y avait un si vaste choix de végétaux stabilisés, je pensais qu’il n’y avait que quelques fleurs. Cela permet de ne pas avoir à mélanger fleurs stabilisées et fleurs fraîches.
Le seul soucis a été la chaleur dégagée par les spots lors des shootings. Le stabilisé transpire et il ne faut pas l’utiliser à même la peau, il faut mettre une armature pour ne pas teinter les modèles…
Les végétaux stabilisés sont utiles mais pour des chanteurs ou danseurs il va falloir trouver une alternative.

S.N. : Pourquoi utiliser des fleurs stabilisées plutôt que des fleurs fraîches?
S.W. : Ce qui m’a fait essayer de travailler avec des végétaux stabilisés est la curiosité du métier. Il y a aussi un gros soucis de tenue des plantes fraîches. Je ne pouvais pas utiliser le Capillaire par exemple, il ne tient même pas 1 heure. Je l’ai alors trouvé en stabilisé et j’ai pu l’intégrer à mes créations. Il y a un grand choix de couleurs et de variétés différentes en stabilisé, cela me permet d’être plus libre dans la conception de mes créations, et d’être en accord avec mon thème.
Un bijou floral est éphémère, un bijou stabilisé permet d’être conservé et de l’utiliser pour d’autres occasions. Tout comme les tenues haute couture, il y a un très gros potentiel autour de la « robe bijou ».

S.N. : Quel conseil donneriez vous à ceux qui souhaitent travailler les végétaux stabilisés ?
S.W. : Tout dépend le travail à réaliser. Pour un bijou ou une tenue, il faut penser à mettre un tissu intermédiaire pour éviter l’oxydation du végétal sur le corps.
Pour un fleuriste en boutique, il faut être vigilant à l’hygrométrie ambiante : avec la chrysanthème par exemple qui dégage beaucoup d’humidité. Il est préférable d’aménager une vitrine de luxe isolée de la lumière. Une vitrine de luxe car c’est un objet de décoration de luxe, ce n’est pas un objet commercial.
Le problème aujourd’hui c’est que les fleuristes veulent juste faire du commerce. Mais s’ils vendent à des prix bas, leur clientèle sera une clientèle qui n’achètera qu’à bas prix. Mais s’ils vendent des produits de luxe ils auront des clients qui recherchent de la qualité. Cela peut-être difficile au début mais une clientèle fidèle se construit très rapidement.

Site web // www.flowers-in-art.com/inked-blossom.ws
Facebook // Inked & Blossom
Instagram // @inkedblossom
Livre en vente sur SecondFlor.com // Inked & Blossom

À lire également : WORKS / La rencontre des tatouages et des fleurs par Sarah Willemart

 

SecondNatur : Hi Sarah, would you describe your professionnal background ?
Sarah Willemart : I am the daughter of a florist : I was already curious about the profession and I learned it before I even became one. First i went through a STAE high school diploma based on agronomy in order to be able to make a change of orientation or job later. It turned out it was directly related to the flower industry. Then I went on with a CAP with 2 years of vocational certification. I was then recruited and trained in vegetal walls and flower art, and that’s how I became a trainer. After that, I was selected for Le Meilleur Ouvrier de France (France’s Best Worker) where I reached the quarter-finals.
I’ve been a trainer at Piverdie France for 3 years, but I work alongside in my workshop (closed to the public) in Paris.
I didn’t want to be in charge of a store because it implies constraints such as opening hours … But I regularly give a hand at the family shop during peak periods.
I will also work on the musical comedy on ice Naturya: Le Spectacle Musical Floral.

S.N. : Can you tell us about your book ? How did you come up with the idea ? Why combining flowers and tattoos ?
S.W. : Tattoo works like the style of a room. It is a logic of accord : if the room has a baroque style, the theme will be baroque.
Each theme is composed of 7 to 12 photos: Inked & Blossom an art book. There is few written material but there are some technical tricks, quotes and inspirations matching with each theme.
I’m a flower lover, I started out only out of passion. I had the idea to fuse flowers and tattoos two years ago. I discovered the tattoos and I had one done, then two… and made one of them evolve. Designers and trainers are looking out for all trends in order to use them. I wanted to merge floral art and tattoos because it is precisely an often misused trend, nevertheless they are fashion’s precursor.
In one year, it took about 23 photoshoots for 16 themes. We had a setback with make-up on one theme, but thanks to word of mouth, students in a make-up school took care of it.

S.N. : What are your inspirations ? Your motivations ?
S.W. : I don’t do any particular research, the tattoo is already on the person’s body. However, it can be a dead end. Either I have a crush on a precise tattoo of a model that inspires me, which I will keep on a corner of my mind. Either I meet tattoo artists to find very precise styles of tattoos, and in this case, the tattoo artist will do the research for me among his clients.
I want to create different things, something that no one has done yet. I want to share my passion and know-how through unique creations.

S.N. : Why working with stabilized flowers ?
S.W. : I discovered stabilized plants two years ago. If I hadn’t discovered SecondFlor I would never have worked stabilized flowers and plants. I didn’t realize there was such a wide choice of stabilized plants, I thought there were only a few flowers. It allows not to mix stabilized and fresh flowers.
The only concern was the heat released by the spotlights during the shootings. The preserved vegetals perspires and you cannot use it directly on the skin, it is necessary to put a framework not to dye the models…
Stabilized plants are useful but for singers or dancers it will be necessary to find an alternative.

S.N. : Why using preserved flowers instead of fresh ones ?
S.W. : I tried working with preserved plants out of professional curiosity. There is also a serious issue with maintaining fresh plants. I couldn’t use the Adiantum for example, it doesn’t even last 1 hour. Then i found it in preserved and I was able to integrate it into my creations. Withe preserved plants and flowers there is a wide choice in colors and varieties, it allows me to be freer in the design of my creations, and to be in accord with my theme.
A floral jewel is temporary, a stabilized jewel allows it to be kept and used for other occasions. Like haute couture outfits, there is a huge potential around the « jewel dress ».

S.N. : What advice would you give to those who want to work with preserved plants ?
S.W. : It all depends on the work to be done. For a jewel or an outfit, it is necessary to think of putting an intermediate fabric to avoid oxidation of the plant on the body.
For a florist with a shop, it is important to be watchful of ambient hygrometry : with chrysanthemum, for example, which gives off a lot of humidity. It is better to have a luxury showcase isolated from light. A luxury showcase because it is a decoration object, it is not a commercial object.
The problem today is that florists just want to do business. But if they sell at low prices, their customers will be customers who buy at low prices. But if they sell luxury products they will have customers who are looking for quality. This may be difficult at first, but loyal client base builds up very quickly.

Website // www.flowers-in-art.com/inked-blossom.ws
Facebook // Inked & Blossom
Instagram // @inkedblossom
Find the book on SecondFlor.com // Inked & Blossom

Read also : WORKS / Tattoos meet flowers by Sarah Willemart

 


QUELQUES CRÉATIONS | SOME CREATIONS

Crédits
Designer florale : Sarah Willemart Bauer
Photographe : Fabrice Fouque – Nikoniste dans l’âme