What is it ?

WHAT IS IT ? / Stabilisation par capillarité | Capillarity preservation process

Il existe de nombreuses techniques permettant de conserver les végétaux. Nous pouvons toutefois considérer que la technique par capillarité est la plus noble. C’est aussi la plus risquée. Sa noblesse tient dans le fait que l’on travaille sur un matériau frais et encore vivant. Telle une greffe, ce dernier doit accepter sa transformation pour que le processus fonctionne.

Cette technique concerne principalement les feuillages et les arbres. Elle peut toutefois s’appliquer à certaines fleurs.

LA TECHNIQUE

Que ce soit pour un feuillage ou un arbre complet, il est nécessaire de couper le végétal au niveau de la tige. Autrement, les racines font office de filtre et empêchent le liquide de stabilisation de circuler dans la plante.

Dans une salle à température et humidité contrôlées (autour de 24°C et 50% d’humidité), les végétaux sont mis à tremper par le pied dans 5 cm de solution de stabilisation. Par capillarité, le liquide de substitution se propage dans la plante à travers les tiges mais aussi dans les feuilles. Après quelques jours, la plante est saturée. On la retire des gouttières pour la faire sécher durant 24h car elle a beaucoup suée. La plante est stabilisée et donc prête à la vente.

UN PROCESSUS UNIQUE POUR CHAQUE ESPÈCE

Dans le liquide de stabilisation, on trouve de la glycérine d’origine végétale. Cette substance, proche du sucre, a la particularité de fixer les molécules d’eau. C’est pourquoi elle est fréquemment utilisée dans l’industrie cosmétique (crèmes hydratantes) et dans l’agroalimentaire (épaississants).

Cette glycérine est diluée dans un grand volume d’eau et c’est ensemble qu’ils vont remplir l’intérieur du végétal.

On ajoute également des colorants alimentaires en poudre. En partant des couleurs primaires, nous pouvons recréer quasiment tous les coloris (voir chapitre Les couleurs).

Il est nécessaire de nourrir la plante durant le processus d’absorption. C’est pourquoi sont ajoutés les nutriments adaptés à chaque espèce et ce, dans les bonnes proportions. Comme chaque espèce est unique, chacune demande une nourriture différente.

De même, les différences de densité de fibres, de période d’activité et de nature propre à chaque espèce nécessitent un traitement spécifique. La température du liquide de stabilisation, la période de stabilisation, la durée du processus d’absorption, le temps maximal entre la coupe et la mise en salle de stabilisation, l’outil de coupe du végétal sont autant de facteurs propres à chaque espèce.

LES COULEURS

Pourquoi ajouter du colorant ? Le vert de la plante provient principalement de la chlorophylle. Celle-ci est entretenue par la photosynthèse. Une fois stabilisée, la plante n’est plus vivante. Par conséquent, la photosynthèse ne fonctionne plus. Il est alors nécessaire de rajouter le colorant nécessaire au maintien de la couleur d’origine. Comme le derme du tronc et des branches est épais, le colorant ne remonte pas jusqu’à la surface. Ces parties conservent donc les couleurs « bois » du végétal vivant alors que les feuilles affichent la couleur du colorant. C’est pourquoi les feuillages stabilisés sont fidèles au végétal frais.

Si l’on change la couleur d’origine, on obtient forcément de nouvelles espèces. Cela peut paraître surprenant pour les puristes. Pourtant, l’industrie de la fleur pratique cette technique sur les roses ou d’autres espèces en leur faisant absorber des colorants.

Récemment, nous avons constaté que le fait d’exposer les feuillages à la lumière naturelle après la phase de stabilisation permet la disparation complète de la chlorophylle et donc sublimer les couleurs de la plante traitée.

Il existe même des additifs permettant de stopper le liquide avant l’entrée dans les fleurs. Cela permet de conserver la couleur naturelle de la fleur tout en stabilisant la tige. Le statice, par exemple, a une fleur séchée et cette technique est parfaitement appropriée. Notons que pour la rose sur tige, seule la tige est stabilisée par capillarité. La fleur, elle, est stabilisée suivant un autre procédé. Les 2 éléments sont ensuite assemblés manuellement.

LES RISQUES DE LA STABILISATION

Cette technique est très risquée car le résultat n’est pas garanti. Dérèglement climatique, modification dans la production du végétal frais, évolution des espèces végétales… autant de paramètres qui peuvent générer des dysfonctionnements. Sans raisons facilement identifiables, il n’est pas rare de devoir jeter toute une production. La plante peut refuser de « boire » le liquide ou le rejeter à posteriori, parfois même plusieurs semaines après. Cela peut engendrer des pertes importantes puisque l’on peut produire jusqu’à plusieurs tonnes de végétaux durant la même session. Ce risque est souvent répercuté dans le tarif des végétaux afin d’assurer la survie du modèle économique des producteurs de plantes stabilisées.

LES AVANTAGES ET CONTRAINTES

Une fois stabilisés, ces végétaux présentent de nombreux avantages. Evidemment, ils ne nécessitent plus aucun entretien, ni eau ni lumière puisqu’ils ne sont plus vivants. Ils peuvent également être décomposés et déstructurés : on utilise alors chaque partie du végétal comme un matériau à part entière. Cela offre la possibilité d’exprimer sa créativité en utilisant chaque élément du végétal indépendamment.

Pourtant, les plantes stabilisées ont des limites. Comme elles n’ont pas la capacité de se régénérer, tout dommage est définitif. Cela devient un simple matériau avec sa fragilité. De plus, ces plantes ne supportent pas l’humidité. Leur usage est donc réservé à l’intérieur. En Effet, dans un environnement trop humide, la glycérine qui est attirée par l’eau, va au plus offrant. Si le taux d’humidité est très important en dehors de la plante, elle va avoir tendance à sortir et emporter avec elle du colorant alimentaire : on dit que la plante « coule ». C’est une caractéristique qui peut avoir de lourdes conséquences si l’on n’y prête pas attention. Du colorant sur un marbre non vitrifié, une coulure sur une robe de mariée ou tout simplement un végétal qui coule sur un autre : certaines situations peuvent être compliquées. On notera également que les fleuristes ont souvent des boutiques très humides car les fleurs ont tendance à beaucoup transpirer.

L’exposition directe à la lumière – derrière une vitre par exemple – aura, elle, tendance à évaporer prématurément le liquide de stabilisation et assécher anormalement le végétal. La plante est alors moins jolie mais elle ne disparaît pas.

On peut toutefois affirmer sans complexes que les plantes stabilisées sont de loin la meilleure solution pour l’utilisation d’une plante d’intérieur : mieux que les plantes artificielles mais aussi, dans de nombreux cas, que les plantes vivantes … mais ça, ce sera pour un autre article !

LES ESPÈCES CONCERNÉES PAR CETTE TECHNIQUE

Eucalyptus (toutes les variétés), les cyprès, la plupart des feuillages forestiers, l’hortensia, le statice, certaines variétés de buis, de bambous et d’olivier, l’amarante, le peuplier et bien d’autres.

Notons que cette technique évolue en permanence et nous trouvons chaque année, des solutions pour de nouvelles essences. Cette technique fonctionne également sur des arbres entiers : cela prend juste plus de temps. Intéressant non ?

There are many techniques to conserve plants. However, we can consider that the technique of capillarity is the most noble. It is also the most risky. Its nobility lies in the fact that we work on a fresh material which is still alive. Like a transplant, the transplant must accept its transformation for success of the process.

This technique mainly concerns foliage and trees. However, it may also apply to certain flowers.

THE TECHNIQUE

Whether it is for a foliage or a complete tree, it is necessary to cut the plant at the level of the stem. Otherwise, the roots act as a filter and prevent the stabilizing liquid from circulating in the plant.

In a room with controlled temperature and humidity (around 24°C/75,2°F and 50% humidity), the plants are soaked by the foot in 5 cm of stabilizing solution. By means of capillarity, the substitution fluid propagates in the plant through the stems but also in the leaves. After a few days, the plant is saturated. It is removed from the gutters to dry during 24 hours because it has a lot of sweat. The plant is stabilized and therefore ready for sale.

A UNIQUE PROCESS FOR EACH SPECIES

In the stabilizing liquid, ther is glycerine of vegetable origin. This substance, close to sugar, has the particularity of fixing the molecules of water. This is why it is frequently used in the cosmetic industry (moisturizing creams) and in the agri-food (thickeners).

This glycerin is diluted in a large volume of water and together they will fill the interior of the plant.

Powdered food dyes are also added. Starting from the primary colors, we can recreate almost all the colors (see chapter The colors).

It is necessary to nourish the plant during the process of absorption. because of this, the adapted nutrients to each species must be added in the right proportions. As each species is unique, each requires different food.

Similarly, the differences in fiber density, period of activity and nature of each species require specific treatment. The temperature of the stabilizing liquid, the period of stabilization, the duration of the absorption process, the maximum time between cutting and setting in the stabilization room, the tool for cutting the plant are all factors specific to each species.

THE COLORS

Why add dye? The color green of the plant comes mainly from chlorophyll. This is maintained by photosynthesis. Once stabilized, the plant is no longer alive. Photosynthesis no longer works. It is then necessary to add the colorant necessary to maintain the original color. As the dermis of the trunk and branches is thick, the dye does not ascend to the surface. These parts therefore retain the “wood” colors of the living plant. On the other hand, the leaves display the color of the dye. This is why the stabilized foliage is truly faithful to the fresh vegetable.

Changing the original color will inevitably result in new species. This may seem surprising to purists. Yet, the flower industry practices this technique on roses or other species by making them absorb dyes.

Recently, we found that exposing foliage to natural light after the stabilization phase allows for the complete dissection of chlorophyll and thereby sublimates the colors of the treated plant.

There are even additives to stop the liquid before entering the flowers. This helps preserve the natural color of the flower while stabilizing the stem. The statice for example has a dried flower and this technique is perfectly appropriate. Note that for the rose on stem, only the stem is stabilized by capillarity. The flower is stabilized by another method. The two elements are then assembled manually.

THE RISKS OF STABILIZATION

This technique is very risky because the result is not guaranteed. Climatic deregulation, changes in the production of fresh plants, changes in plant species … all these parameters can generate dysfunctions. Without easily identifiable reasons, it is not uncommon to have to throw out a whole production. The plant may refuse to “drink” the liquid or reject it posteriorly, sometimes even several weeks later. This can lead to significant losses since up to several tons of plants can be produced during the same session. This risk is often reflected in the tariff of plants to ensure the survival of the economic model of stabilized plant producers.

ADVANTAGES AND CONSTRAINTS

Once stabilized, these plants have many advantages. Obviously, they no longer require any maintenance, water or light since they are no longer alive. They can also be decomposed / destructured: each part of the plant is then used as a separate material. This allows you to express your creativity by using each element of the plant independently.

Yet, stabilized plants have limits. As they can not regenerate, any damage is definitive. It becomes a mere material with its fragility. In addition, these plants do not support humidity. Their use is therefore reserved inside. Indeed, in an environment too wet, the glycerine that is attracted by water, goes to the highest bidder. If the moisture content is very high outside the plant, it will tend to come out and take with it food coloring: the plant is said to “stain”. It is a characteristic that can have serious consequences if we do not pay attention to it. Dye on unglazed marble, sagging on a wedding dress or just a plant flowing on another: some situations can be complicated. It should also be noted that florists often have very moist shops because the flowers tend to sweat a lot.

Direct exposure to light – behind a glass pane, for example – tends to prematurely evaporate the stabilizing liquid and to dry the plant abnormally. The plant is then less beautiful but it does not disappear.

However, it can be said without any complexity that stabilized plants are by far the best solution for the use of an indoor plant: better than artificial plants but also, in many cases, live plants … but that will be for the occasion of another article!

SPECIES CONCERNED BY THIS TECHNIQUE

Eucalyptus (all varieties), cypresses, most forest foliage, hydrangea, statice, certain varieties of boxwood, bamboo and olive, amaranth, poplar and many others.

Note that this technique is constantly evolving and we find every year solutions for new species. This technique also works on whole trees: it takes just longer. Interesting, isn’t it?